Randonneurs dans la brume..
Nous étions plongés dans un brouillard épais Et toutes ces beautés nous étaient cachés Seuls quelques arbres, quelques gros rochers S'offraient à notre vue tristement embrumée Ô surprise ! Lentement, le relief s'est dégagé Et nos yeux se sont mis à clignoter...
Pour les suivre à la lettre Il faut la tête lever Vers le ciel souvent ennuagé Et avant de les voir disparaître Emportant des rêves de voyages Garder toujours la tête levée Les pieds au sol rivés L'oreille traînant dans leur sillage...
En automne, appuyer sur le champignon Pour le plaisir de se faire mousser En étalant un beau tableau de saison Faut peut-être pas trop pousser... Pas question, non plus, d'en faire tout un plat Surtout, s'ils ne sont pas admis au palais Alors, comme c'est , ici, sûrement, le cas Contentez-vous de les regarder...
Dans le bois, il faut le dire, c'est bête Certaines n'en font qu'à leur tête Et si la rencontre est, parfois, à l'oeil Sur un vieux tronc, immobile écureuil De belles images faisons provision Pour affronter la mauvaise saison Sous l'écorce , de petites bêtes Au bec ne tiennent pas, longtemps, tête....
Faites -moi , pour une fois, la grâce Que, modestement, la une je fasse Et que j'y prenne toute la place Vous me pardonnerez cette audace Je devine que beaucoup cela agace Certains même doivent faire la grimace Peut-être profère-t-on déjà des menaces Mais je voudrais, aussi, laisser une petite trace De mon passage, sur la terre, en surface Autre que mon appétit vorace Mon allure un brin molasse C'est toujours en silence que je me déplace Si loin des cris de la populace Et pourtant, j'ai aussi, ma place ! Alors, pourquoi tant d'antilimaces ! Bon, ça va, le plancher je débarrasse !
Toute frémissante au vent d'automne Elle s'avance sous le regard qui s'étonne Pour un ballet presque immobile Tandis que les jours défilent Mais si elle a pris de la graine Pendant qu'elle était en scène On verra refleurir son talent Au retour du printemps...
L'heure est venue de resserrer les boulons Il faudrait, paraît-il, se faire une raison La machine qui est vieille hoquète Et se balance dans la tempête Elle craque sur l'océan agité de la modernité Certains la trouvent même trop rouillée Mais du fond de la cale montent les cris De tous ceux écrasés par le mépris...
Clocher pointu qui tutoie les sommets pointus De la montagne les bergers sont descendus Et c'est la foire aux fromages à Laruns ! Mais qui s'est mis sur son trente et un ? La foule des grands jours a envahi les rues Et partout règne un joli tohu-bohu Autour des étals où trônent de savoureux fromages L'on se presse friands de beaux paysages Foin de morosité ! La bonne humeur coule à flots Et tant pis s'il tombe un peu d'eau !