Que toutes les langues de vipères Ne se précipitent pas ventre à terre Pour trouver encore à redire Sur ce qui relève d'un petit délire Morceau de bois abandonné par les flots Imagination, juste ce qu'il faut Et la tête d'un étrange serpent Qui se glisse sous vos yeux , un instant...
Dans le silence immobile des tombes grises Le temps au clocher pointu lentement agonise Et entre les hauts murs à la couleur indécise Une tristesse brumeuse s'éternise Un arbre, dans un coin, étale ses formes précises La vie sur toutes les croix dressées se paralyse Et voit rouge devant le fronton où l'on rivalise...
Croyez-vous que, sur cette rive, je vais pouvoir prendre racine ? Combien de sujets, jour après jour, minés par les flots, s'inclinent ! On m'a tiré, sans ménagements, des profondeurs de la terre Et mis au courant, dans le fond, cela me désespère... J'ai l'impression que là-haut, tout part à vau-l'eau Pourtant, il va falloir s'accrocher et ne pas lâcher le morceau...
Deux mains...le monde... Il y a les mains qui font le pain Et celles qui ne tiennent plus rien Il y a les mains usées par le travail Et celles qui tiennent un éventail Il y a les mains crispées sur le lendemain Et celles qui servent de baise-main Il y a les grosses mains des travailleurs Et celles plus fines qui se mêlent aux leurs Il y a les mains jointes sur la poitrine Et celles qui font exploser les poitrines Il y a les mains qui ferment à clé la maison Et celles qui replient le vieux carton Il y a les mains qui saluent le voisin Et celles qui rejettent l'autre au loin Il y a les mains qui...