Chemin à suivre...
Dans le grand pré déserté par les bovidés Ont pris place, pour un temps, deux échassiers Qui ne semblent nullement effarouchés Et s'offrent un moment de tranquillité Prospectant de leur long bec l'herbage mouillé A la recherche de quelque nourriture convoitée...
Perchées sur un des plus hauts arbres du parc du château Elles ont pu, tout à loisir, regarder les villageois de haut Lesquels ont découvert, avec bonheur, ces deux grandes voyageuses Qui occupaient cette position élevée et plutôt avantageuse Pour prendre, l'espace d'une nuit, un repos bien mérité Avant de s'envoler, au petit matin, vers une autre contrée...
Trou noir d'un oeil habité par la peur Dans un masque tordu de douleur Qui happe au passage le regard A l'affût des surprises du hasard Tronc abandonné en lisière de forêt Qui vogue maintenant vers d'autres destinées Après être lentement monté vers le ciel Déraciné par un coup de vent cruel...
"Hêtre ou pas hêtre ?" est-ce au fond la question Qui le plonge dans une si profonde réflexion... Aurait-il, dans le tronc, la fibre si sensible Sous une écorce qui paraît indestructible ? Il n'en continue pas moins de s'élever Dans sa terre du Béarn, bien enraciné, Et si l'on perçoit, en le regardant, sa peine Il "se résigne...euh", à peine A montrer, sans méchanceté, les dents Pour faire sourire, peut-être, le passant...
Torrent impétueux descendu des montagnes Il glisse calmement dans la campagne Mais il peut aussi déborder de colère Et ravager alentour les terres Il roule alors des flots boueux Charriant troncs et même vieux pneus...
Clocher qui pointe entre les branches dénudées Dominant les maisons anciennes blotties à ses pieds Entre lesquelles l'on va, tranquillement, cheminer Pour rejoindre, un peu plus loin, la voiture garée Fin d'une belle randonnée Dans le soir qui tombait...