On marche et elle paît...
Ils semblaient pourtant rire à tout bout de champ Et les voici plongés dans le plus profond abattement Face grise maintenant, tournée vers la terre nourricière Lui adressant peut-être une dernière prière... On dirait que le phénomène fait tache d'huile Comme s'ils se préparaient tous pour une fin utile Abandonnés lâchement par le grand maître du ciel Qui leur fit tourner la tête, ô mortel rituel...
J'avoue que, pour une fois, j'ai sauté sur l'occasion De m'envoler, peut-être, vers une autre région On dirait d'ailleurs que je suis, enfin, dans le vent Et que j'ai trouvé une sorte de tapis persan... Certains diront que je suis encore dans les limbes D'autres, au contraire, que pour le coup, je regimbe Ne peut-on pas avoir juste un peu d'ambition Sans enfler pour cela plus que de raison ?...
A tourner son regard vers l'Ossau, on peut, parfois, voir rouge Heureux, pourtant, que dans le paysage presque rien ne bouge, A y regarder de près, il n'y a pas de quoi perdre, la boule, On est si bien, là, dans ce silence minéral, loin de la foule... Et si quelqu'un veut, malgré tout, nous jeter la pierre, Qu'il ne dérange pas trop le bel ordonnancement, à terre...
Sans prendre de grands airs, il est joli comme un coeur Pour peu que l'on prenne un peu de hauteur Et quitte, pour le coup, à ne pas manquer d'air J'oserais dire qu'il est encore plus beau qu'il n'en a l'air... Mais pour y parvenir il vaut mieux respirer la santé Car, le sentier est pour le moins escarpé... Aussi, quel bonheur de reprendre son souffle, là-haut Avant de redescendre, léger, dans la vallée d'Ossau...