Les arbres ont peu à peu lâché prise Et, sous le soleil, la forêt agonise Dans le craquement des feuilles mortes Que le vent, parfois, au loin, emporte... Mais, sur la pente délaissée par les troupeaux, Un chardon porte encore beau Et continue de hisser ses couleurs Au milieu d'une saison qui, lentement, se meurt...
Loin de Paris au sol ensanglanté En suivant un étroit sentier Qui vous hisse vers les sommets On arrive le souffle coupé Par tant de beauté En ce lieu de silence peuplé Par les troupeaux déserté De temps en temps survolé Par quelque vautour affairé Et, assis sur un rocher On laisse son regard dériver Avant de penser A redescendre dans la vallée...
Les yeux plongés dans ce beau paysage On ne peut oublier l'affreux carnage Ces hommes venus du fond des ténèbres Engagés dans une marche funèbre Déversant autour d'eux leurs flots de haine Pour monter enfin sur leur macabre scène On ne peut oublier tous ces innocents Qui avaient le tort d'être de simples passants De joyeux convives attablés dans la nuit Pour partager des morceaux de vie Des jeunes friands d'autres sons Que ceux que scandent les canons...
Des hommes surgis du brouillard Ont semé la mort sur les boulevards Tirant sur des gens au hasard Hommes venus de nulle part Et qui veulent éteindre les regards De ceux qui veulent prendre leur part De lumière loin des noirs étendards Hommes porteurs de cauchemars Qui éclatent tels des pétards Au milieu d'un monde hagard Qui va devoir ériger de solides remparts Pour repousser ces sombres braillards...
Il reste encore quelques chevaux dans les pâturages Bientôt, la nuit va descendre sur ce vaste paysage Quelques promeneurs arpentent encore les sentiers Jetant un regard attristé sur la bruyère fanée Il reste encore quelques clients autour des tables du café Mais le parking qui s'étend à côté sera bientôt déserté Le col du Soulor va retrouver alors sa vraie nature C'était un dimanche qui va bientôt se conclure...