Quel bonheur de pouvoir encore cheminer Dans un tel décor, raquettes aux pieds Et, sans crainte, d'offrir à ses yeux Un paysage qui ferait bien des envieux ! Peut-on oublier que le soleil brille moins fort Pour tous ceux qui, victimes du sort, Voient, impuissants, s'accumuler les nuages Et gronder sur leur tête l'orage ?
Si joli manège caché dans une haie Qui peut sembler à l'arrêt Mais qui vous emportera dans les airs Dans une ronde d'enfer Si le moteur de l'imagination N'est pas en panne d'inspiration...
Piqué sur le rameau, discret plumeau rouge Ou pendentif voyant qui au moindre souffle bouge D'un même arbre, le modeste noisetier Ce sont les porteurs de fécondité Dont la liaison ô combien improbable Donnera un fruit sec et cassable. Mais on ne voit que ces pendeloques Arborant leurs longues breloques Dans les forêts sombres de l'hiver Où rougeoie faiblement un point de lumière.
Il est des arbres qui vivront encore dans le regard De ceux qui apprécient par nature les oeuvres d'art En voilà une qui s'enracine dans le paysage Et nous livre un bien mystérieux visage Elégante façon de célébrer l'homme-tronc Au milieu de toutes ces hautes frondaisons Homme qui garde encore toute sa tête Dans ce monde agité de tempêtes...
Il y en a de plus en plus qui sont mis au bancQui ne savent plus quoi faire de leur tempsMais sont-ils encore de notre temps ?Ils ont perdu pied depuis longtempsEt se raccrochent désespérément à un vieux bancC'est leur radeau d'infortune dans cet océanBallotté souvent par les mauvais ventsEt s'ils ont une bouteille par tous les tempsIls ne la jettent plus depuis longtempsLeur chien qui ne montre plus les dentsEst devenu avec le temps leur fidèle confidentAu fil du temps, ils ont fait corps avec le bancIls n'attendent plus rien depuis longtempsDe tout ce monde qu'ils croisent en passantPièce de...